Nouvelles coup de cœur

Extraits de nouvelles personnelles coup de cœur

Les nouvelles ci-dessous n'ont jamais été présentées à des concours, ce sont des nouvelles plus personnelles et intimes.

"Les souvenirs"

2016, nouvelle écrite pour mon mari lors du décès de son grand-père

"Ici, c’est la vie qui prime, c’est la vie qui domine, et – enfermée dans chaque photo, dans chaque parole, dans chaque souvenir – la vie ne s’éteindra pas. Plus tard, comme Papy, on racontera son passé à ses enfants, ses petits-enfants. On racontera ses souvenirs. Bien sûr, avec le temps, tout ne sera pas tout à fait comme cela a été : on déformera. On se rappellera surtout ce que l’on veut se rappeler, et le reste, on ne le racontera pas ou pas tout à fait mais l’essentiel sera là. L’essentiel ? Le partage, l’amour, la vie, la vie, la vie. La vie qui continue malgré tout et qui ne s’éteint pas, jamais. Les souvenirs sont là, tels des petits trésors que l’on a capturés, que l’on a enregistrés et que l’on partagera mais qu’on ne laissera jamais, jamais, partir."

"Alma"

2018

Je me retourne, m’approche de la fenêtre qui donne sur le Sacré-Cœur. D’ici on entend à peine les voitures tout en bas, seulement le chant des oiseaux tout en haut. Je pense à hier mais surtout à demain et à ce que l’avenir me réserve. Le goût des lèvres de Lennie est encore imprimé sur les miennes. C’est un goût d’au-revoir, un goût de maintenant, un goût de présent qui n’existe pas. Je pense à Emma, à ses boucles brunes qui dansent sur ses épaules, à son parfum gourmand, à son sourire lumineux et sa timidité qui la rend si belle. Je pense à elle, à Lennie, à Arnaud, à Liu ; à l’amour, ses mystères et ses occasions ratées. Je pense à Emma et je me dis qu’après tout, sur un malentendu, ça pourrait marcher.

"Les petits pois sont des martiens"

2016

"C’est plein de petits martiens dans mon assiette. Ils sont ronds et se touchent entre eux. Ça ne me dérange pas qu’ils se touchent entre eux mais je tiens à ce qu’ils fassent partie de la même famille dans ce cas. Alors je crée des maisons, qui sont en réalité un trait de jus de viande, et j’enferme les martiens dedans. Une famille dans chaque maison. Mais comme je ne suis pas un monstre non plus, j’estompe un petit bout du trait de jus de viande, avec ma fourchette, pour faire une porte d’entrée dans leur maison. - Mange tes petits pois, Elisa, dit Maman J’aime pas vraiment les petits pois. C’est pour ça que je joue avec eux, dans mon assiette. C’est plus amusant d’imaginer qu’ils sont des martiens. Mais ils sont trop petits pour que je puisse leur dessiner un visage et imaginer leur vie, alors au bout d’un moment, ça ne m’amuse plus vraiment et je les mange. Maman soupire."

"No Expression"

2013

"Dans 12 secondes, cela fera une minute que Annie retient sa respiration sous l’eau glacée et grise de son bain. La lumière blanchâtre qui traverse le liquide lui abîme les yeux, c’est pour ça qu’elle les a fermés. Des petites bulles rondes s’échappent de son nez. Une sorte de bruit sourd se fait entendre. Plus que deux secondes. -Annie ! La jeune fille ne tiendra pas. Elle relève précipitamment la tête et ouvre les yeux. La lumière la submerge. Elle va devenir aveugle, c’est certain ! Une profonde voix l’appelle depuis une autre pièce de la villa Dominguez. Sûrement Noah. Son beau-père. -Annie ! Sors immédiatement de cette salle de bains ! Annie, résignée, enfile son peignoir couleur crème, s’attache les cheveux en un haut chignon d’où émane quelques mèches rebelles juste sur ses yeux, et passe ses chaussons rouges très doux et confortables. Elle ouvre enfin."

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