Nouvelles publiées et primées

Extraits de mes nouvelles primées

Depuis l'adolescence, je participe régulièrement à des concours d'écriture de nouvelles. Afin que vous puissiez découvrir davantage mon univers, je vous propose des extraits de mes nouvelles finalistes ou lauréates de concours. 

 

"Je ne voyais pas le jaune du soleil"

 Lauréate prix Guerlain, publiée aux éditions du Cherche Midi, 2016

"Je ne voyais pas le jaune du soleil, je le sentais. Je le sentais sur mes bras nus et sur les joues de Maman quand le soleil nous réchauffait. Je le sentais quand le mois de Juin approchait et que les jours s’étendaient indéfiniment. Je le sentais quand les gens souriaient dans la rue. Ah et les sourires. Je ne les voyais pas non plus mais je les entendais. Je les entendais car les sourires réchauffent les voix, les sourires apaisent les gens et les sourires se transforment parfois en rires et les rires, surtout celui de Maman, étaient parmi les plus belles choses qu’on puisse voir par nos oreilles."
"Les mauvais rêves revinrent souvent. Je me réveillais en sursaut la nuit. J’ouvrais mes yeux muets et je courais me réfugier dans la chambre de Maman : - Maman, j’ai vu ! J’ai vu !
- Comment ça ? Qu’est-ce que tu racontes ? disait-elle d’une voix endormie
- J’ai vu ce que je ne voulais pas voir !
Elle me berçait tendrement en attendant que je me calme. Elle attendait et moi je grelottais toujours.
Dans mes rêves j’avais vu ce que je ne voulais pas voir, j’avais vu les couleurs telles qu’elles étaient vraiment. Ternes et malades. Franches et sales.
Et j’ai commencé à avoir peur. Et si les couleurs que j’avais dans la tête ne revenaient jamais ? Et si j’étais condamné à voir le monde tel qu’il était vraiment, ou du moins tel que j’imaginais qu’il était ?"

"Patience et Turbulences"

Lauréate, publiée aux Editions Gabriel Riqueti, 2017

"Papa s’active au fond de son antre, il est agenouillé mais je ne vois pas grand-chose à part sa nuque qui frémit derrière sa chemise mal repassée. Il retrouve la turbulence de son enfance, ses rêves évaporés se mettent à danser devant mes yeux et j’assiste au spectacle avec une distance respectueuse. C’est son moment."
"Je pouvais également sentir le manque ressenti par Papa, la douloureuse absence qui avait fait de lui à la fois un être plus brillant et plus éteint. En un seul instant. Plus je voyais ce cou en tissu rose pâle, plus je le sentais s’animer sous mes doigts. Je pouvais presque entendre un cœur qui bat. J’ai levé les yeux, tiré de ma rêverie par une brise semblable à un baiser givré. Papa n’était plus là. Il était parti rejoindre Suzon."

"Et les falaises d'Etretat"

Finaliste du Prix du jeune écrivain, 2015

"Le camion de glace, c’est leur repaire. Là qu’ils se retrouvent le dimanche en été. Le mercredi aussi, après l’école. Leurs petites têtes blondes me font beaucoup de bien. Quand je les vois courir en hurlant dans tous les sens, vers ma camionnette bleue et blanche, quand ils entendent la chanson des glaces, j’ai l’impression d’être leur bienfaiteur, leur meilleur ami, et la personne qu’ils aimeront toujours. C’est agréable de se sentir aimé, vous savez ?"
"Je m’endors à 16h, la tête bourdonnante, le corps en miettes et le cœur au bord du gouffre de la falaise d’Etretat. Je dors quelques heures mais je ne sais pas vraiment combien. A mon réveil, il fait nuit. Je suis en sueur et je ne sais pas du tout quoi faire. Alors je me lève, j’enfile un pantalon qui traîne et un tee-shirt peut-être sale, et je prends le volant de ma camionnette bleue et blanche."

"Passagère"

Demi-finaliste du Prix du jeune écrivain, 2018

"La neige tambourine contre la fenêtre sale et fatiguée. Des milliers de petits flocons se cognent contre la vitre comme ton cœur cogne sous ta poitrine. Tu fermes les yeux une dernière fois, debout sur le paillasson humide que tu connais par cœur pour l’avoir tant foulé. Ta petite valise à carreaux est posée sur le sol, un dernier ancrage, une dernière racine. Presque vide, elle ne doit pas t’encombrer lors de ton voyage : il te faut avancer. Tes grands yeux noirs, tels deux aimants fascinants, s’ouvrent à nouveau derrière tes longs cils fins. Tu ajustes ton écharpe autour de ton cou pâle, tu plaques ta chapka en fausse fourrure sur tes cheveux ébène, tu empoignes fermement ton bagage. Déterminée. Et tu pars."

"Station Blanche"

Finaliste du Prix du jeune écrivain, 2017

"Les pigeons picorent les restes de pain de la veille. Il fait un peu froid pour un début avril mais c’est mieux comme ça, ça permet de rester bien éveillé. Je fais un dernier tour de la place, les mains fermées dans mon dos, gênées par ma besace sur le côté, et je me rends vers Blanche. Blanche c’est là où je vais tous les matins et d’où je repars tous les soirs. Un comble pour une station de métro qui devrait nous emmener ailleurs, loin, loin des pigeons du boulevard de Clichy. Mais on s’y fait, je vous le promets." "Je ne prends aucun plaisir à rentrer chez moi, aucun plaisir à manger, aucun plaisir à m’asseoir sur le canapé avec Quatre à mes pieds. J’ai, je crois, besoin de prendre l’air. Sans parapluie, je sors de chez moi. Je préfère être confronté au monde des vivants, au monde des sensations, alors il me faut vivre pleinement pour penser à autre chose que cette énigmatique absence d’une fille que je ne connais même pas. Sentir la pluie sur mes joues, rosies par le froid, c’est cela être vivant, être dans l’instant."
"Je m’acharne de mon mieux à effacer les lettres rocailleuses, les formes abstraites, les sons collés au mur, les murmures incessants dans ma tête. Où es-tu Natacha ? Où es-tu Natacha ? Où es-tu ?
A vouloir la faire disparaître je ne la rends que plus présente. Je l’imagine presque à mes côtés. Souriante, amusée. Elle me regarde accomplir ma besogne, assise sur un siège en plastique orange, les jambes croisées, la tête posée sur son bras comme pour la retenir de ne pas tomber. Elle ne porte qu’une tunique un peu trop grande, des chaussures en toile fine, elle n’a pas froid ma Natacha. Elle est fière de ses choix. Elle me lance de ses yeux des éclairs de défi."

"4D-02"

Finaliste du Prix Clara, 2013

"Ses doigts claquaient doucement sur l’accoudoir gauche de la banquette arrière. Le regard perdu à l’horizon des néons rouges, il sentait un léger stress monter en lui. C’était son dix-neuvième concert mais il n’en avait rien à faire. Il en voulait plus, toujours plus. Il voulait être plus célèbre que n’importe quel autre musicien avant lui. Il s’en sentait capable. Il en avait l’ambition et recueillait  un soutien incroyable de la part de ses proches. Quand ses doigts touchaient le piano, il était différent, lointain, perdu, mais imperturbable. C’était le seul élément auprès duquel il se sentait vivant, il se sentait être."

 

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